ALAIN FINKIELKRAUT

Philosophe conservateur dont la pensée est très marquée par l'anticommunisme des années 1980, qui a aussi réfléchi sur la judaïté, le nationalisme, la modernité, la tradition...

Né à Paris en 1949, il est le fils unique d'un maroquinier juif d'origine polonaise déporté à Auschwitz. Ancien élève de l'école normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de Lettres modernes, Alain Finkielkraut est professeur au département Humanités et sciences sociales de l'École polytechnique.
 
Il se fait connaître, en 1987, par La critique de la pensée, une critique acerbe du monde moderne. Plus récemment il est intervenu dans le débat suscité par la crise yougoslave en adoptant un point de vue farouchement pro-croate…
 
Dans sa préface du livre La guerre comme maladie sociale et autres textes politiques de Mirko Grmek, Alain Finkielkraut parle des raisons pour lesquelles il a décidé de se mettre aux côtés de la Croatie dans les moments décisifs de l’histoire moderne croate. « Lorsqu’on fait partie d’un petit peuple négligé et menacé, on a besoin de parler en son nom. Mirko Grmek l’a fait en se battant avec ardeur contre l’arrogance et la nonchalance de la France, la patrie qui l’a adopté (…) En souffrant avec la Croatie, il n’a jamais sacrifié l’exactitude au pathétique; il savait défendre son pays d’origine qui était menacé, calomnié, méprisé en se distanciant en même temps de la politique du gouvernement de Franjo Tudjman envers la Bosnie (…) Pendant toute cette guerre, il était pour moi un interlocuteur béni. Le pays que je défendais avait son visage… »
 
Au de-là de ce parti pris, Alain Finkelkraut est avant tout un défenseur des «petites nations», perçues par leurs pluralités comme des gages de liberté. L'important, pour lui, c'est que «cette réalité têtue qui ne se laisse pas dissoudre en fonctionnalité pure». Plus récemment, il a dénoncé l'instrumentalisation qui serait faite de la mémoire d'Auschwitz.

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