Anton VASSIL

 

Le désastre Ségolène Royal

Le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal fût une révélation. On aurait pu croire, avant le débat, que Royal portait un programme de démagogie cherchant à réconcilier l'extrême gauche et le centre. Mais aucune théorie politicienne ne permet d'expliquer le nombre invraisemblable d'erreurs, d'approximations et d'inepties déployés par Royal au cours de ce débat télévisé.
 
Son programme économique consiste, en gros, à proposer un dialogue entre les partenaires sociaux. Autrement dit, elle demande à l'électeur de lui fournir un cheque en blanc. Les décisions se prendront plus tard. Normalement une présidentielle existe pour que les électeurs puissent démocratiquement décider du programme qu'ils préfèrent. Le programme de Sarkozy est clair. Si Royal avait un programme économique digne de ce nom, la démocratie permettrait à l'électeur de le choisir. En fait, en remettant à plus tard les décisions, elle réussi ni plus ni moins à contourner l'opinion et l'influence de l'électeur sur les décisions économiques. Se voulant démocrate, elle incarne exactement le contraire.
 
Sur les 35 heures, rare sujet sur lequel son programme semblait clair (une généralisation des 35 heures) elle se rétracte au cours du débat en renvoyant cette question à plus tard. Idem pour les retraites, les impôts et le redéploiement des fonctionnaires. Tout est à discuter. En d'autres mots : Il n'y a pas de programme sauf celui qui consiste à dire "nous verrons plus tard". Par glissement de sens nous voyons les électeurs systématiquement écartés d'un droit de regard sur les décisions à prendre. Il devient de plus en plus clair que Royal, voulant satisfaire tout et son contraire, exclu l'électeur des décisions à venir. La France est donc tout sauf présidente.
 
Sur le volet de la délinquance, elle évoque le viol d'un agent de police. Sa solution: qu'un deuxième agent de police soit mobilisé pour raccompagner chaque agent de police après le service. La solution de Sarkozy semble plus évidente: arrêter les délinquants. Que n'y avait-elle pas pensé.
 
La question écologique est encore plus accablante. "Savez vous, Monsieur Sarkozy", lance-t-elle d'un ton accusatoire, "quelle est la part de nucléaire dans la production d'énergie en France?" Nicolas Sarkozy hésite. C'est un piège. Il répond "50%". "Non" dit-elle, toute fière de son coup. "C'est 17%". Plus tard les journalistes expliqueront que le chiffre correct est 78%. Royal, semble-t-il, avait oublié que la politique française d'autonomie d'énergie basée sur le nucléaire est une véritable exception nationale. Nous avions déjà vu Royal au cours de cette campagne se tromper sur le nombre de sous-marins nucléaires (qu'elle a sans doute confondu avec le nombre de porte avion) mais en posant cette question piège à Sarkozy, elle devait maîtriser le sujet, d'autant plus que l'ecologie est une cheval de bataille du PS. En fait, elle ne maîtrise rien.
 
Le débat de fond perd toute sa dimension lorsque que Royal affiche son indignation sur la question des enfants handicapés dans les écoles. "Je suis indignée et je me révolte" lance-t-elle à Sarkozy. Il est question des nombres handicapés scolarisés. Sarkozy lui fait remarquer que sous Chirac le nombre d'enfants handicapés scolarisés a doublé. C'est un des programmes qui fût soutenue et dont les moyens furent largement augmentés sous le gouvernement Chirac. L'indignation de Royal sur cette question n'a aucun sens. Nous sommes dans la posture médiatique la plus maladroite.
 
Avant le débat, Royal aurait pu passer pour une démagogue habile. Après le débat il ne reste qu'une interprétation possible: Ségolène Royal est incompétente. François Bayrou quand a lui, homme suffisamment intelligente pour s'en rendre compte, est dans la démagogie la plus totale en mettant les deux candidats sur le même plan.
 
La vérité est qu'a l'heure actuelle Ségolène Royal est totalement dépassée par la tâche, et si elle devenait présidente ce serait ni plus ni moins un désastre.

Extraits de l'article "Le désastre Royal" / 4 Mai 2007
de Anton Vassil.