- Le débat entre
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal fût une
révélation. On aurait pu croire, avant le débat,
que Royal portait un programme de démagogie cherchant
à réconcilier l'extrême gauche et le centre.
Mais aucune théorie politicienne ne permet d'expliquer
le nombre invraisemblable d'erreurs, d'approximations et d'inepties
déployés par Royal au cours de ce débat
télévisé.
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- Son programme économique
consiste, en gros, à proposer un dialogue entre les partenaires
sociaux. Autrement dit, elle demande à l'électeur
de lui fournir un cheque en blanc. Les décisions se prendront
plus tard. Normalement une présidentielle existe pour
que les électeurs puissent démocratiquement décider
du programme qu'ils préfèrent. Le programme de
Sarkozy est clair. Si Royal avait un programme économique
digne de ce nom, la démocratie permettrait à l'électeur
de le choisir. En fait, en remettant à plus tard les décisions,
elle réussi ni plus ni moins à contourner l'opinion
et l'influence de l'électeur sur les décisions
économiques. Se voulant démocrate, elle incarne
exactement le contraire.
-
- Sur les 35 heures,
rare sujet sur lequel son programme semblait clair (une généralisation
des 35 heures) elle se rétracte au cours du débat
en renvoyant cette question à plus tard. Idem pour les
retraites, les impôts et le redéploiement des fonctionnaires.
Tout est à discuter. En d'autres mots : Il n'y a pas de
programme sauf celui qui consiste à dire "nous verrons
plus tard". Par glissement de sens nous voyons les électeurs
systématiquement écartés d'un droit de regard
sur les décisions à prendre. Il devient de plus
en plus clair que Royal, voulant satisfaire tout et son contraire,
exclu l'électeur des décisions à venir.
La France est donc tout sauf présidente.
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- Sur le volet de la
délinquance, elle évoque le viol d'un agent de
police. Sa solution: qu'un deuxième agent de police soit
mobilisé pour raccompagner chaque agent de police après
le service. La solution de Sarkozy semble plus évidente:
arrêter les délinquants. Que n'y avait-elle pas
pensé.
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- La question écologique
est encore plus accablante. "Savez vous, Monsieur Sarkozy",
lance-t-elle d'un ton accusatoire, "quelle est la part de
nucléaire dans la production d'énergie en France?"
Nicolas Sarkozy hésite. C'est un piège. Il répond
"50%". "Non" dit-elle, toute fière
de son coup. "C'est 17%". Plus tard les journalistes
expliqueront que le chiffre correct est 78%. Royal, semble-t-il,
avait oublié que la politique française d'autonomie
d'énergie basée sur le nucléaire est une
véritable exception nationale. Nous avions déjà
vu Royal au cours de cette campagne se tromper sur le nombre
de sous-marins nucléaires (qu'elle a sans doute confondu
avec le nombre de porte avion) mais en posant cette question
piège à Sarkozy, elle devait maîtriser le
sujet, d'autant plus que l'ecologie est une cheval de bataille
du PS. En fait, elle ne maîtrise rien.
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- Le débat de
fond perd toute sa dimension lorsque que Royal affiche son indignation
sur la question des enfants handicapés dans les écoles.
"Je suis indignée et je me révolte" lance-t-elle
à Sarkozy. Il est question des nombres handicapés
scolarisés. Sarkozy lui fait remarquer que sous Chirac
le nombre d'enfants handicapés scolarisés a doublé.
C'est un des programmes qui fût soutenue et dont les moyens
furent largement augmentés sous le gouvernement Chirac.
L'indignation de Royal sur cette question n'a aucun sens. Nous
sommes dans la posture médiatique la plus maladroite.
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- Avant le débat,
Royal aurait pu passer pour une démagogue habile. Après
le débat il ne reste qu'une interprétation possible:
Ségolène Royal est incompétente. François
Bayrou quand a lui, homme suffisamment intelligente pour s'en
rendre compte, est dans la démagogie la plus totale en
mettant les deux candidats sur le même plan.
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- La vérité
est qu'a l'heure actuelle Ségolène Royal est totalement
dépassée par la tâche, et si elle devenait
présidente ce serait ni plus ni moins un désastre.
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