Anton VASSIL

 

Le Faux Débat sur le Foulard

On continue à présenter le débat sur le foulard dans les écoles publiques françaises comme débat sur les droits de la femme ou la laïcité. De ce fait tout le monde se fourvoie. Il ne s'agit ni de la religion ni de la femme. Mais de sectarisme.
 
Julien Dray, porte-parole du PS, ne fini pas de faire passer un discours anti-religion avant le vrai débat. Pour lui, tout signe religieux doit être interdit dans les écoles publiques. Pour lui, on ne doit pas jouer sur le mot "ostentatoire " et donc il propose une loi interdisant le port du voile au même titre que le port d'un collier avec une croix.
 
Pourtant, interdire un collier serait aussi absurde que d'interdire des Jeans. Depuis quand un bijou (dont le message d'appartenance est totalement aléatoire) représenterait-il quelque chose de définissable ? En d'autres mots : dans la génération Britney Spears ce n'est pas parce que l'on porte une croix que l'on est catholique pratiquant et ce n'est pas parce qu'on porte un collier de Bouddha que l'on est Bouddhiste pour autant. Il s'agit surtout d'ornements.
 
Revenons au vrai débat : On parle du foulard ! C'est le foulard qu'il faut interdire à l'école et sans doute aussi la kippa car tous deux sont des vêtements à vocation rituelle dont le seul but est d'affirmer une barrière ethno-culturelle. Le premier est un signe clair et net d'appartenance à la culture arabo-musulmanne (et de la loi d'Allah représentant en premier lieu le peuple arabe). Il est sous-entendu que la femme qui le porte cherche à rester dans la culture arabe, à épouser un musulman, et à la limite de ne pas se laisser "contaminer " par les "occidentaux ".
 
Le deuxième est un signe clair et net d'appartenance à la famille juive (et du peuple choisi par Dieu avant les autres). Ici il s'agit de bien se rassurer que l'on est pas comme les autres ("les Goyes" non-juifs) et que l'on ne le sera jamais.
 
Dans les deux cas il s'agit de s'affirmer comme n'étant pas "comme ceux là " c'est à dire comme ceux qui ne font pas partie de ces appartenances. Cela s'appelle du sectarisme. Il n'a pas sa place à l'école publique. Le débat sur la laïcité n'est même pas engagé à ce stade. Ni celui du statu de la femme.
 
Toute proposition responsable devrait viser à interdire le sectarisme. Par conséquent deux signes sont à interdire dans les enceintes de l'école publique : Le foulard et la kippa. Le port d'un collier ou d'un bijou (qu'il soit de connotation Chrétienne, juive, ou autre) reste en dehors du débat puisqu'il ne figure pas dans un rituel d'appartenance. Mais pour le foulard et la kippa, aucun malentendu n'est possible. Ce sont des vêtements rituels à forte connotation sectaire dont le seul et unique effet est d'affirmer une différence.
 
Enfin, si le christianisme n'est pas visé dans ce débat, c'est normal. Rappelons-nous que le Christianisme est la base même de la civilisation qui aujourd'hui défend la laïcité. Aucun Pays Musulman n'a réussi ce tour de force. Quand à la religion juive, n'étant pas a vocation universelle, même si elle est parfaitement intégrée à l'état laïc, reste sectaire par son fonctionnement basé sur la notion de "peuple choisi par Dieu". Là aussi la dérive du sectarisme est possible.
 
Si les trois religions ont évolués depuis le Moyen Age il est vrai qu'aucune personne raisonnable pourrait affirmer que le Christianisme pose un quelconque problème de laïcité à notre époque.
 
Il est donc inutile et dérisoire de vouloir mélanger foulard et croix et de tout placer dans un même panier afin de satisfaire Julien Dray et certains athées de la génération 68 dont la stratégie serait de censurer toutes les religions au nom du débat sur le foulard.

Extraits de l'article "LE FAUX DEBAT SUR LE FOULARD"
de Anton Vassil.