Alexandre del VALLE

 

L'Affaire du Voile

 Le "hijab" est, dans l'Islam, ou les femmes sont pratiquement écartées de la vie religieuse publique, la principale sinon la seule manifestation féminine de l'Islamité. En s'habillant comme une occidentale, la musulmane cesse littéralement d'être musulmane, car "qui imite une communauté, rappelle la tradition, en devient partie prenante.". Le port du hijab revêt donc une importance stratégique primordiale lorsque l'islam est minoritaire, comme cela est le cas en Europe. Car "L'Islam domine et ne saurait être dominé" enseigne la tradition. Or dans la mentalité comme dans la tradition c'est bien par l'homme que passe la domination. Par conséquent, le fait qu'une musulmane puisse attirer les non-Musulmans par des vêtements mettant ses formes en évidence par exemple, constitue un risque de voir cette musulmane passer sous "domination infidèle". C'est pour cette raison que le Coran interdit formellement aux Musulmanes d'épouser des non-Musulmans (II,220). Les hommes musulmans, confronté à l'évolution des mœurs, ne supportent pas de voir leur pouvoir sur les femmes leur échapper, a mesure que les habitudes occidentales pénètrent chez de nombreuses musulmanes désireuses de s'émanciper.

Plus qu'une simple coutume dont l'interdiction serait assimilée à du racisme, le port du voile est en réalité une marque visible de la barrière politico-culturelle qui sépare inexorablement la oumma universelle du monde non-musulman.

Certains tenants du laïcisme se fourvoient donc totalement lorsqu'ils défendent, au nom de la laïcité et de la tolérance religieuse, le port du voile dans les lycées et lieux publics. En tant que républicains favorables à l'intégration, voire l'assimilation, ils devraient être les premiers à combattre ce qui constitue les bases d'un communautarisme ethno-religieux totalement étranger à la tradition républicaine et integrationniste française.

Extraits du livre "ISLAMISME ET ETATS-UNIS" de Alexandre del Valle.