Jean SEVILLIA Le Communisme
En France, tous les efforts sont déployés pour expliquer l'histoire du nazisme. Mais Si banalisation il y a des crimes de l'histoire, à notre époque, c'est celle des crimes communistes.
Mourir dans un camps de concentration communiste parce qu'on est membre d'une classe sociale "irrécupérable", ou dans un camp nazi parce qu'on appartient à une "race inférieure", c'est toujours être condamné en raison de sa naissance. Lénine et ses camarades se sont situés d'emblée dans le cadre d'une "guerre des classes" sans merci, où l'adversaire politique, idéologique, ou, même, la population récalcitrante étaient considérés - et traités - en ennemis et devaient être exterminés.
Ici, le génocide "de classe" rejoint le génocide "de race". la mort de faim d'un enfant de koulak ukrainien, délibérément acculé à la famine par le régime stalinien, "vaut" la mort d'un enfant juif du ghetto de Varsovie, acculé à la famine par le régime nazi.
On ne flétrira jamais assez le nazisme. Mais Annie Kriegel ou François Furet ont expliqué comment, après la guerre, fustiger les crimes de Hitler, qui était mort, détournait l'attention des crimes de Staline, qui était vivant.
Depuis l'après-guerre, le Parti communiste est tranquillement installé au coeur de la vie politique, légitimant l'idée communiste. Georges Marchais avait pu soutenir que le bilan de l'URSS était "globalement positif". Aurait-on permis à un ancien collaborateur d'affirmer que le bilan de l'Allemagne nazie avait été globalement positif?
L'antifascisme - érigé, selon Furet, en "critère essentiel permettant de distinguer les bons des méchants" - a fait obstacle à la vérité : nazisme et communisme forment les deux faces de Janus du totalitarisme. Les deux phénomènes ne sont pas identiques, chacun s'enracine dans une histoire particulière, mais ils appartiennent fondamentalement à la même catégorie.
Les communistes, c'est vrai, se sont engagés dans la Résistance contre les nazis. Mais c'était après 1941. Avant, il y a eu le pacte germano-soviétique de 1939, docilement approuvé, à Paris, par le Parti communiste. Le 4 juillet 1940, la France vaincue depuis trois semaines, l'Humanité clandestine incitait ses lecteurs à fraterniser avec l'occupant : "Il est particulièrement réconfortant, en ces temps de malheur, de voir de nombreux travailleurs parisiens s'entretenir amicalement avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo, camarades, continuez!"
Avec l'effondrement du régime soviétique, en 1991, le Parti a sans doute perdu sa maison mère. Mais remettre en cause son passé, ce serait détruire sa légitimité, et bouleverser tout l'équilibre politique.
D'où la réaction de Lionel Jospin à la parution du Livre noir. Devant l'Assemblée nationale, le 12 novembre 1997, le Premier ministre socialiste refuse de mettre le "signe égal entre nazisme et communisme" : " Le Parti communiste français s'inscrit dans le Cartel des gauches, dans le Front populaire, dans les combats de la Résistance, dans le gouvernement tripartite de la gauche en 1945. Il n'a lui-même jamais porté la main sur les libertés. Même s'il n'a pas pris ses distances assez tôt avec les phénomènes du stalinisme, il a tiré les leçons de son histoire. Il est représenté dans mon gouvernement et j'en suis fier "
Le Parti communiste a tiré les leçons de son histoire ? Qu'il change donc de nom. Et que ses municipalités débaptisent les avenues Lénine qui, dans nos banlieues, insultent les morts de la Kolyma.
Extraits du livre "LE TERRRORISME INTELLECTUEL" de Jean SEVILLIA.