- La premiere guerre du Golfe ne fut
pas tant une guerre qu'un combat inégal entre la seule
superpuissance mondiale et un pays de taille analogue à
celle de la Californie. Elle dura précisément quarante-deux
jours. La coalition dirigée par les États-Unis
c'est-à-dire, en fait, les forces armées américaines
accompagnées de quelques rajouts étrangers - décida
que la manière la plus expéditive d'expulser du
Koweït les forces irakiennes consistait à cibler
les installations militaires et gouvernementales de l'Irak même,
ainsi que ses infrastructures civiles telles les usines de traitement
d'eau et les centrales électriques.
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- Le pays en ruine, trente-huit jours
plus tard, la coalition fit entrer ses troupes terrestres au
Koweït et en chassa les derniers soldats irakiens.
- Depuis des navires, des batteries de
missiles et des avions, les Américains déversèrent
sur l'Irak un nombre inquiétant de bombes, c'est le moins
que l'on puisse dire. En matière de poids, elles totalisèrent
88 500 tonnes, dépassant ce que les États-Unis
avaient déversé sur le Japon durant toute la Seconde
Guerre mondiale, exclusion faite des bombes atomiques. Sur deux
cent cinquante mille bombes, trois mille furent larguées
sur la seule ville de Bagdad.
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- Les États-Unis s'efforcèrent
de présenter les lancements de missiles et les bombardements
comme des oeuvres de précision militaire qui limitaient
les "dommages collatéraux". La télévision
était pleine d'images montrant des missiles guidés
au laser qui s'écrasaient sur des bâtiments du ministère
irakien de la Défense. Mais ces charges explosives dites
"intelligentes" ne représentèrent qu'une
infime fraction des bombes lancées sur l'Irak; 90 % étaient
du type conventionnel, c'est-à-dire des projectiles qui
détruisent brutalement tout ce qui entoure le point d'impact.
On compte parmi elles des bombes à fragmentation, des
Daisy Cutters (effeuilleuses de marguerites) et des Fuel Air
Explosive (engin à explosifs gazeux) - il s'agit d'un
explosif ultrapuissant qui anéantit tout ce qui se trouve
dans un rayon de 15 000 mètres et qui est considéré
comme une arme de destruction massive plutôt que comme
une bombe de type conventionnel. Les États-Unis utilisèrent
aussi en Irak des bombes incendiaires et du napalm. Ils soumirent
à un bombardement intensif la ville de Bassora, agglomération
de huit cent mille habitants dont ils prétendirent, ce
qui était ridicule, qu'elle était un objectif militaire
et vide de civils lorsque les bombes l'atteignirent.
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- Et, dans ce qui est probablement la
plus ignoble opération de cette guerre, des avions américains
bombardèrent et mitraillèrent des soldats irakiens
qui se retiraient du Koweït en arborant le drapeau blanc.
Des milliers d'hommes furent ainsi massacrés le long de
ce qu'on appela "l'autoroute de la mort" (the Highway
of Death). A bord du porte-avions USS Ranger, un reporter fit
parvenir cette description de l'activité qui régnait
à bord au moment où les avions décollaient
en direction du lieu d'abattage:
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- "Les frappes aériennes
sur les troupes irakiennes en retraite étaient lancées
à une telle allure que les pilotes disaient qu'ils chargeaient
leurs appareils des bombes qui se trouvaient les plus proches
du pont d'envol, peu importait leur type. Les équipages,
qui travaillaient aux accents du thème musical "The
Lone Ranger", négligeaient souvent les bombes les
mieux adaptées parce que leur chargement prenait trop
de temps."
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- L'Irak s'étant retiré
du Koweït, la guerre était terminée. Les États-Unis
ne souhaitaient-ils pas établir un gouvernement de transition
ou reconstruire le pays qu'ils avaient détruit. Ils se
retirèrent donc, abandonnant de nombreux dissidents qui
s'étaient soulevés à l'appel du président
Bush, et à qui il ne restait plus qu'à être
arrêtés et exécutés par un leader
irakien encore bien en selle.
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- Les États-Unis laissèrent
derrière eux un pays ruiné, moins apte qu'avant
à s'occuper de ses citoyens.
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- Saddam Hussein fut le seul chef d'État
étranger à se féliciter des attaques du
11 septembre et donnont un extrait de sa déclaration :
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- "Indépendamment
des sentiments humanitaires conflictuels suscités par
les événements survenus hier aux États-Unis,
il demeure que les États-Unis récoltent ce que
leurs dirigeants ont semé dans le monde. Ceux qui considèrent
comme précieuse et chère la vie de leur population
doivent se souvenir que les vies des populations du monde sont
également précieuses et chères à
leurs familles."
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- Et voilà qu'en 2002 l'Irak est
devenu un membre à part entière de "l'axe
du mal" de George W. Bush.
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